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Pas assez décisif ? Thomas Henry répond aux critiques et se livre à cœur ouvert sur son rôle au Standard

En dix rencontres sous les couleurs du Standard, Thomas Henry n’a tiré que cinq fois au but. Plus qu’un simple finisseur, l’attaquant se met au service du collectif et s’inspire de Harry Kane en initiant souvent les actions plutôt qu’en concluant.

Tomber, un peu par hasard, sur « 777 minutes jouées depuis le début de la saison » est une trouvaille assez ironique lorsqu’on évoque un attaquant du Standard de Liège, même si ce dernier n’a pas été recruté par l’ancien propriétaire américain qui avait failli mettre le club en faillite.

Réparties sur dix rencontres (il était suspendu contre le Cercle), ces 777 minutes ont permis à Thomas Henry d’inscrire deux buts et de délivrer deux passes décisives avec les Rouches depuis le début de la saison. Un bilan qui n’a rien d’exceptionnel sur le plan statistique, mais qui peut être nuancé. Le Français de 31 ans a hérité d’un rôle aussi important qu’ingrat, qu’il a détaillé en conférence de presse ce jeudi, avant le déplacement à La Gantoise.

Je suis souvent à la création des actions, et c’est difficile d’être en même temps au début et à la fin »

« Si je suis satisfait de mes statistiques ? Je vois où vous voulez en venir avec cette question. Je dirais que je manque d’occasions. Pour certains, deux buts et deux passes décisives, ce n’est pas assez. Mais je regarde plus globalement. Contre Dender, j’ai aussi fait le pré-assist, ce qui me donne cinq contributions sur dix buts marqués collectivement. Je pense qu’avoir un pied dans 50 % des buts, ce n’est pas si mal. »

« Je ne suis pas seulement à la finalisation des actions, je suis aussi souvent à la création. Et c’est difficile d’être en même temps au début et à la fin. Ibrahimovic le faisait très bien, Harry Kane y parvient au Bayern, mais c’est un autre niveau que le mien. Il est un modèle, j’aspire à devenir le plus complet possible, comme lui. Il n’est pas le seul attaquant que je regarde, je prête attention à tous les styles et tous les championnats. »

Thomas Henry, un attaquant plus altruiste que les autres ?

Au Standard, Thomas Henry n’est donc pas un buteur comme les autres. Parfois très bas pour initier les actions, il est aussi chargé de gagner le premier duel de la tête, ou le second ballon, comme il l’a fait avant de servir Rafiki Saïd après 16 secondes contre l’Antwerp. Ses statistiques personnelles en pâtissent : parmi les joueurs qui courent le plus, il tire au but en moyenne une fois tous les deux matchs.

« Je suis pleinement satisfait de mon apport à l’équipe, même si je manque de tirs et de centres. Je n’ai pas tiré plus de cinq fois au but depuis le début de la saison (ndlr : il compte très exactement cinq tirs). C’est très peu pour un attaquant, et en ce sens, avoir marqué deux buts n’est pas mal. Ce n’est pas comme si je ratais cinq occasions par match. Mais je ne suis pas là pour passer la pommade, il est clair qu’on doit amener plus de ballons en zone de vérité. »

Avoir ce rôle est gratifiant »

Un rôle inhabituel, à la fois à son échelle et à l’échelle globale. Ce n’est toutefois pas pour lui déplaire. « Pendant quatre saisons en Italie, on m’a demandé d’attendre les centres dans le rectangle et de ne pas jouer. Mais quand le centre ne vient pas, je fais quoi ? »

« Lors de ma dernière année et demie en Italie, on a eu du mal à se comprendre avec l’entraîneur. Ici, je suis utilisé dans un rôle de pivot, je fais les décalages au début des actions et c’est gratifiant de le faire. Je suis content d’être au début des actions pour alimenter Rafiki (Saïd), Adnane (Abid) et les autres, c’est important pour moi de le faire. »

Thomas Henry est bien plus surveillé qu’avant

Arrivé sur la pointe des pieds à Tubize en 2018, puis à Louvain quelques mois plus tard, Thomas Henry est aujourd’hui un joueur très surveillé par les équipes adverses. Comme quoi, même si ses statistiques ne parlent pas pour lui, son apport dans le jeu des Rouches est reconnu et suscite la méfiance.

« Depuis mon premier passage en Belgique, je ressens davantage de respect de la part des adversaires, plus de prises à deux. Les autres équipes ont compris que je démarre certaines actions. Mais si deux joueurs sont sur moi, l’un de mes coéquipiers est libre et on essaye de le chercher en équipe. Dans le football, il y a tellement de paramètres. Du gardien aux attaquants, en phase défensive comme offensive, c’est un sport d’équipe et tout le monde doit contribuer. »

« Le championnat a aussi évolué tactiquement. Physiquement, il a toujours été difficile. J’ai toujours été celui que l’on n’attendait pas, et je sens que cette année, on m’attend davantage. Il y a quatre yeux sur moi au lieu de deux. Les équipes sont plus homogènes, il y a de bons joueurs partout. Il n’y a plus autant d’écarts qu’avant, ce qui me fait dire que le championnat belge progresse. »

Brandon Mechele, le poil à gratter de Thomas Henry

Interrogé sur le défenseur qui le gêne le plus dans notre championnat, Thomas Henry a gardé le même avis que lorsqu’il évoluait encore à Louvain. « Le premier qui m’a vraiment mis en difficulté après la montée, c’était Brandon Mechele. On en rigole, on se connaît bien maintenant. Joël Ordonez aussi, il est jeune et il court partout. Ce n’est pas mon cas, a priori. »

Dans une précédente interview, Brandon Mechele avait également déclaré que Thomas Henry était l’un des attaquants les plus menaçants du championnat. « Je lui retourne le compliment. Cela fait maintenant plusieurs années que je le connais, j’ai beaucoup de respect pour lui. C’est toujours très chiant (sic.) de jouer contre lui. Sa longévité parle d’elle-même. J’ai quitté le championnat, je suis revenu, et il est toujours là à être chiant (sic.). Je le respecte beaucoup », a conclu Thomas Henry.

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