Dennis Ayensa est en train de quitter le Standard pour prendre la route de Gençlerbirliği, en Turquie, contre un petit million d’euros. Si l’indemnité du transfert peut paraître faible, elle s’explique notamment par la réalité financière et contractuelle du club du bord de Meuse, qui se doit de ne plus seulement avoir une vision à court terme et de continuer à diminuer sa masse salariale.
L’information parue dans divers médias francophones ce mercredi matin a pu en surprendre, mais elle est bien réelle : Dennis Ayensa finalise son arrivée du côté de Gençlerbirliği, en Turquie, qui a trouvé un accord avec le Standard en ce début de semaine.
Kif-kif sur l’indemnité, une masse salariale allégée
Un départ pour lequel le Standard ne recevra pas une grande indemnité, puisqu’elle sera d’un peu moins d’un million d’euros. C’est à peu près la somme que le Matricule 16 avait déboursée en juillet 2025 en provenance de l’Union Saint-Gilloise.
Il n’est donc pas si surprenant de voir que la direction liégeoise n’ait pas poussé outre mesure pour faire grimper le montant de l’indemnité, d’autant qu’elle se sépare de l’un des plus gros salaires de son effectif, les indiscrétions qui nous reviennent faisant état d’un salaire brut avoisinant les 400.000 € par an. C’est toutefois bien moins que Grejohn Kyei (déjà parti) et Thomas Henry, pour qui le Standard cherche une porte de sortie.
Dennis Ayensa avait pourtant bien commencé
Dans le fond, le départ d’Ayensa n’est pas si étonnant : la saison dernière, le néo-international iranien avait parfois mal digéré le fait d’être relégué sur le banc et que les manquements offensifs de l’équipe soient reliés à sa prestation, lui qui a souvent été sevré de ballons lors de son passage en bord de Meuse, mais qui aurait toujours conservé une mentalité exemplaire dans le vestiaire, où il était apprécié, malgré une frustration parfois visible sur le terrain. Une bonne mentalité qui n’empêchait pas son envie de partir, présente depuis quelques temps.
Le timing surprend davantage, car avec un Timothé Nkada qui n’a pas séduit durant la préparation, un Bruny Nsimba qui n’est pas encore à 100 % de ses capacités, un Bernard Nguene qui est souvent utilisé sur un côté et un René Mitongo parti à Trabzonspor, Dennis Ayensa a commencé les trois premiers matchs de la saison en tant que titulaire, malgré une préparation incomplète suite à la Coupe du monde, et a inscrit un doublé contre le Cercle.

Pourquoi le Standard a-t-il alors accepté ?
Mais alors, pourquoi le laisser partir maintenant, pour une offre aussi basse venue d’un championnat qui dépense les millions d’euros par montagnes depuis le début du mercato ? Premièrement parce que, malgré sa position de leader après deux journées, Gençlerbirliği n’est pas un ultra-riche qui peut dépenser des mille et des cent pour construire son noyau. Le club n’a réalisé que des prêts et des transferts libres, à l’exception d’un milieu de terrain arrivé du CSKA Moscou contre 1,5 million d’euros.
Ensuite, le contrat de Dennis Ayensa à Sclessin s’épuisait en 2028, et la direction du Standard, qui ne veut pas seulement voir à court terme comme ses prédécesseurs ont été obligés de le faire ces dernières années, doit aussi veiller à ce que trop de joueurs n’entrent pas dans leur dernière année de contrat, au risque de les voir partir gratuitement.
Ne plus seulement voir à court terme
Certains contrats vont expirer en fin de saison et ne seront (probablement) pas renouvelés si le joueur est toujours à Sclessin (Marco Ilaimaharitra, Mohamed El Hankouri, Marlon Fossey, Thomas Henry), les autres peuvent davantage envisager une prolongation (Belmin Dizdarevic, Noa Sy, Josué Homawoo, pour qui un choix sera fait durant la deuxième partie de saison, à son retour de blessure).
Quant aux contrats qui arriveront à terme en 2028, certains sont arrivés cet été, ont signé pour deux ans et leur avenir sera étudié durant cette période (Dimitri Lavalée, Alexis Trouillet), Bernard Nguene montre de belles choses en ce début de saison et pourrait recevoir un nouveau contrat s’il confirme, mais Casper Nielsen (qui aura 34 ans) et Tobias Mohr (33 ans) arriveront en fin de cycle et seront de plus en plus difficiles à monnayer.
Ces deux-là partiront probablement à la fin de leur contrat actuel si aucun prétendant ne vient les courtiser avant l’heure. De même pour Lucas Pirard, dont les possibilités de temps de jeu n’augmenteraient peut-être pas malgré un départ encore loin d’être certain de Matthieu Epolo, Belmin Dizdarevic montrant de bonnes choses et postulant actuellement pour la place de numéro 2 derrière l’international congolais.

Andi Zeqiri pour le remplacer ?
Une raison pour laquelle le Standard ne se montrera pas particulièrement strict sur une potentielle indemnité de départ de ces joueurs, qui ne représentent pas vraiment le futur à moyen terme du club, qui représentent la moyenne haute de la masse salariale et pour qui le Standard pourrait finir par ne jamais recevoir de compensation financière en jouant à la fine bouche. Reste le cas Daan Dierckx, dont la question de l’avenir dans un club voulant jouer le top 5 et la Coupe d’Europe doit se poser.
La vie d’une direction sportive est celle-là : oui, Dennis Ayensa était titulaire. Oui, l’indemnité est faible, mais le club turc compensera en salaire pour le joueur ce qu’il n’a pas eu à débourser en indemnité, et il aurait fallu s’aligner sur ces nouvelles exigences en prolongeant probablement le contrat de l’avant-centre de 29 ans pour le garder. Une escalade financière dont le Standard ne veut pas, lui qui s’est dirigé vers Andi Zeqiri pour le remplacer. Le Standard lui avait fait, en outre, la promesse de le laisser partir en cas d’offre satisfaisante.
