Le Standard n’a pas traîné pour dénicher le successeur de Rafiki Saïd. Avec Salieu Drammeh, Vincent Euvrard va retrouver de la percussion dans le dernier tiers du terrain.
Un montant à deux chiffres pour Rafiki Saïd : le genre d’offres qu’on refuse difficilement, surtout que l’on doit continuer à éloigner la trésorerie du gouffre de ces dernières années. Malgré la rapidité avec laquelle les négociations ont abouti à un départ de Saïd vers Wolverhampton, le Standard s’est montré prompt à désigner son successeur sur le côté gauche.
Car même au-delà de la finalisation express du dossier, Marc Wilmots savait bien qu’un joueur capable de créer de telles différences dans le rectangle adverse attirerait inévitablement des convoitises malgré son irrégularité. Le screening pour attirer un profil similaire avait donc déjà été effectué bien en amont.
Une nouvelle bonne affaire de Marc Wilmots ?
C’est ainsi que le nom de Salieu Drammeh est apparu sur les radars. Pourquoi avoir été jusqu’en Norvège pour l’arracher à Lillestrøm ? Parce que l’ailier gambien correspond parfaitement à ce que Vincent Euvrard recherchait.
Il y a quelques jours, l’entraîneur des Rouches nous déclarait : « On va chercher un autre gars comme Rafiki, qui a le dribble, les actions individuelles et qui sait débloquer quelque chose depuis le flanc, avec des assists et des buts. Un joueur qui a de la qualité, mais qui reste peut-être davantage sur son couloir que ce qu’il ne repique dans l’axe, car il nous reste très peu, voire plus aucun joueur qui sait jouer le long de la ligne de touche et très haut sur le terrain. Un joueur qui pourrait recevoir le ballon dans cette position et qui pourrait faire la différence en dribblant ».
Du dribble, du démarrage à l’arrêt plutôt qu’un profil à la Adnane Abid qui exprime plutôt ses qualités grâce à sa technique dans les intervalles plutôt que par ses accélérations le long de la ligne. Un besoin de percussion qui faisait de Drammeh une cible privilégiée.
Un dribbleur né
Arrivé au Danemark depuis la Gambie alors qu’il n’avait que 13 ans, le garçon a étoffé son jeu dans les académies de Bröndby, d’Hellerup, Vejle et du Boldklubben Frem. Malgré une polyvalence de plus en plus précieuse sur le front de l’attaque, son fond de commerce restera toujours de provoquer son adversaire sur le côté gauche et de le prendre de vitesse.
A ses dribbles, s’ajoute une autre composante indispensable pour le jeu pratiqué par Vincent Euvrard : son aisance dans le contrepressing. Celui qui a été appelé pour la première fois avec la sélection gambienne en mai dernier se démarque notamment par l’intensité de la pression qu’il fait subir aux défenses adverses. Et lorsque le ballon est récupéré haut, il n’a pas son pareil pour aller porter le danger lors des fameuses sept secondes suivant la reconquête du cuir si chères aux entraîneurs.
Des caractéristiques qui s’expriment désormais en Norvège. La saison dernière, Drammeh s’est imposé comme l’une des révélations de Lillestrøm. Ses 10 buts et 11 assists ont aidé l’équipe à remporter le championnat de deuxième division avec un bilan de 25 victoires et 5 partages en 30 matchs.
Ces dernières semaines (l’Eliteserien norvégienne en est à sa douzième journéeà, Drammeh présente des statistiques moins exubérantes (deux buts et un assist) mais s’est bien adapté à l’intensité de la première division, dont Lillestrøm est actuellement quatrième. Le Standard s’apprête donc à accueillir un joueur qui a déjà du rythme dans les jambes et quelques frissons à offrir.
