Pas de révolte, pas d’âme : au Standard, le problème est plus profond que le classement

Le Standard a rendu sa copie la plus pâle de la saison ce samedi contre Courtrai, alors qu’il était justement dans l’obligation de prendre les trois points. Et sur le terrain, personne ne semblait habité par ce sentiment d’urgence nécessaire pour renverser la situation. Plus encore que le bilan comptable, c’est précisément là que réside le gros problème des Rouches.

La question que nous avions posée à Vincent Euvrard en conférence de presse n’était pas un hasard : est-ce dans ces moments difficiles que l’on pourra voir quels joueurs ont véritablement les épaules pour ramener le Standard parmi les cinq meilleures équipes de Belgique ?

La rencontre d’hier soir l’a démontré : aucun, ou pratiquement aucun. Triste constat pour des joueurs pourtant loin d’être mauvais au football, bien que les erreurs techniques aient été bien trop importantes pour une formation prétendant avoir des ambitions.

Personne n’a senti le Standard dans l’urgence

Mais si chacun se bat et donne le meilleur de soi-même, en témoignent les visages marqués et les mines déconfites au coup de sifflet final, personne ne semble habité par ce supplément d’âme nécessaire lorsque l’on porte les couleurs du Standard, qui plus est dans un contexte de quatre défaites de rang en championnat et de points de retard déjà concédés sur l’objectif évoqué.

Frédéric Waseigne le mentionnait justement aux commentaires, ce samedi soir sur DAZN : alors que le score est de 1-1 et qu’il ne reste que quelques minutes à jouer, les joueurs du Standard se replacent tranquillement, silencieusement après une occasion ratée. Personne ne s’encourage, ne s’harangue, ne va chercher un public qui, pour la première véritable fois, a grondé car il a senti que son équipe faisait fausse route.

Liégeois, francophones, supposément plus proches de l’ADN Standard ou non, personne n’a senti l’urgence d’aller marquer un but dans les dernières minutes… sauf le gardien, Lucas Pirard, qui s’est empressé de dégager les ballons, parfois à l’emporte-pièce, voyant aussi que c’est comme cela qu’après deux duels gagnés, Salieu Drammeh a pu égaliser.

Vincent Euvrard est-il encore l’homme de la situation ?

Il s’agit là d’un échec collectif. Oui, Vincent Euvrard et les autres joueurs interrogés n’ont pas tort : le Standard s’est créé davantage d’occasions que son adversaire. Mais c’était trop peu, bien trop peu pour une équipe obligée de gagner, confrontée à une lanterne rouge qui combinait la pire attaque et la pire défense du Royaume.

Marc Wilmots, dans sa recherche de joueurs capables de rendre au Standard son âme, n’a visiblement pas encore déniché le profil d’hommes capables de porter le groupe, de renverser la table quand les choses ne vont pas, d’aller chercher le stade dans les moments difficiles. Le genre de joueurs capables de ramener le Standard où il entend l’être. Ceux présents ont le niveau technique ou en sont proches, mais n’ont rien du « feu » nécessaire pour relever un tel défi. Est-ce à cause de l’approche de Vincent Euvrard ? C’est à la direction d’en juger.

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